Démystification


Les actes et les paroles dans tous les milieux (politiques, syndicaux, militants, journalistiques, universitaires) et dans toutes les classes sociales (salariés ou patrons, riches ou pauvres, éduqués ou non) révèlent très souvent un terrible problème: une analyse au mieux superficielle de la réalité reposant sur un très grand nombre d’idées fausses concernant le travail, le temps, la science, la technique, la machine, la marchandise, le salaire, l’argent, la valeur, le capital, la finance, la mondialisation, la nation, l’Etat, l’intérêt général, le citoyen, etc., qui sont autant d’obstacles à la compréhension du monde dans lequel nous vivons. Les conséquences sont du temps perdu et de l’énergie gaspillée à des discours trompeurs et des actions vaines, et surtout des individus rendus ainsi impuissants, dépossédés du contrôle de leur vie et de leur devenir. L’objectif de ce blog est de fournir des éléments pour s’éclaircir les idées. On y trouvera une analyse de la société actuelle s’appuyant sur les travaux réalisés par Karl Marx et Friedrich Engels il y a 150 ans, travaux qui constituent à ce jour le plus formidable outil pour comprendre non seulement comment la société fonctionne depuis plusieurs siècles et pourquoi elle fonctionne ainsi, mais aussi l’immense potentiel révolutionnaire qu’elle recèle; des références d’auteurs permettant de démystifier l’histoire officielle véhiculée par l’establishment académique et médiatique, une librairie militante qui propose depuis 30 ans des ouvrages sur l’histoire économique et sociale, des liens vers d’autres sites qui nous paraissent participer de la même démarche.

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5 Commentaires

  1. Bonjour Tom Thomas,
    Bravo pour l’énorme travail réalisé.
    J’ai quelques questionnements que je souhaiterais discuter ou auxquels j’aimerais recevoir des réponses. Notamment :

    1. J’ai l’impression que vous qualifiez la phase actuelle du capitalisme de « crise » qui durerait depuis plus de 40 ans (depuis 1973 ?). Mais à cette aune, j’ai aussi l’impression qu’il y avait de même une « crise » au moins de 1910 à 1945, et probablement avant. Au final la seule période qui ne serait pas qualifiée de « crise » serait la période des trente glorieuses ?
    Ne faudrait-il pas réserver le terme de « crise » à des événements plus exceptionnels et plus courts en durée (marqués par des krachs par exemple) ? Et appeler le reste le fonctionnement normal, habituel, du capitalisme ?
    Je ne suis pas sûr de tous les enjeux de cette utilisation du mot « crise », mais il me semble qu’il y en a. En tout cas, le capitalisme a la vie dure…

    2. La baisse tendancielle du taux de profit dûe essentiellement à l’augmentation du capital constant par rapport au capital variable n’est-elle pas contrebalancée plus que prévu par la baisse du capital constant grâce au progrès technologique ? Quand on voit que certains objets bourrés de haute technologie sont échangés à des prix dérisoires… Un smartphone ne contient-il pas moins de travail social qu’un marteau produit au XIXe siècle ?

    J’espère que vous pourrez m’apporter votre éclairage sur ces questions.
    Salutations révolutionnaires.

    • Merci pour vos questions.

      Certes, vous avez raison, le fait que le capital constant (Cc) tende aussi à diminuer (mais attention, il en faut toujours « plus » avec des machines apportant de nouvelles fonctions plus sophistiquées à chaque fois) est une des multiples contre tendances à la baisse du taux de profit. Cependant il faut considérer que cette baisse est la conséquence des augmentations de productivité qui ont été le moyen, de plus en plus essentiel par lequel, pendant tout le 20e siècle, était accrue la production de plus-value (pl) (ce que Marx appelle la pl relative). Or ce moyen est de faire diminuer le Cc + le capital variable (Cv) dans la valeur totale Cc + Cv + pl de la marchandise afin d’augmenter la pl. Ce qui impose que la part de Cv diminue plus que le nouvel investissement Cc (car il s’agit toujours d’un nouvel investissement, tout ou partie de l’ancien Cc disparaissant, rendu obsolète, dévalorisé). Sinon le nouvel investissement en machinerie plus perfectionnée n’aurait pas d’intérêt pour le capital. Le fait que ce nouvel investissement puisse paraître dérisoire compte tenu de la puissance décuplée de la nouvelle machinerie comparée à la précédente (et encore plus si on remonte comme vous le faites aux outils primitifs) ne change rien à cette règle qui borne ainsi l’augmentation de la productivité en régime capitaliste. Et elle la borne au point qu’aujourd’hui, résultat de la loi dite « des rendements décroissants », les augmentations de productivité sont devenues très faibles, entrainant une tendance concomitante limitant l’extraction de la pl sous sa forme relative, la seule qui permette l’accumulation du capital dans le capitalisme en permettant à la fois de développer production et consommation.

      Concernant l’usage du mot crise, on peut considérer que ce phénomène de diminution des gains de productivité a commencé, comme tendance historique spécifique, inexorable, dans les années 70. Les très nombreux krachs financiers qui ont éclaté depuis ont été des manifestations brutales et spectaculaires de cette situation de « crise chronique » du capital. Ce caractère chronique est lié au fait que cette crise ne peut plus être surmontée, ne plus être le moment temporaire, comme à l’époque de Marx ou même jusqu’au milieu du 20e siècle, de la résolution de la contradiction suraccumulation de capital/sous-consommation des masses propre au développement capitaliste. C’est l’époque de la sénilité du capital. Employer les mots crise chronique ou le mot sénilité, on peut choisir. Ce qui compte c’est de comprendre – et seuls le peuvent des marxistes – que le fin mot de l’histoire, c’est l’évanescence de la valeur du fait de la diminution drastique de la quantité de travail productif de plus-value que le capital peut employer, évanescence dont fait pleinement partie celle du Cc dont vous parlez. Et avec cette évanescence, il y a évidemment celle de la valorisation dont la base ainsi se délite (or le capital n’existe que comme valeur se valorisant, comme un procès de valorisation permanent). Voilà ce qui est historiquement nouveau, et dont les conséquences n’ont malheureusement guère été tirées par ceux qui prétendent éclairer la lutte de classe.

  2. Tatiana Fonseca Oliveira

    Bonjour M. Tom Thomas,
    C’est avec plaisir que je vous annonce la parution de mon livre « Antonio Gramsci et la révolution socialiste. La philosophie de la praxis des manuscrits de prison à la lumière des problèmes de la Troisième Internationale » par la maison d’édition française Harmattan.
    Le livre est sorti au début de cette année au Brésil.
    Bien cordialement,
    Tatiana Fonseca Oliveira
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=54711

  3. Bonjour
    Il serait bien, de rendre le site plus interactif et vivant; pourquoi pas des vidéos et interview , des conférences, particulièrement de Tom Thomas, mais aussi d’autres ?.J’ai bien conscience que cela demande beaucoup de travail. mais cela aiderez à faire connaitre mieux la pensée de certains auteurs marxistes. Regardez le nombres de gens qui parlent sur you tube ou dailymotion.

  4. Bernard Barthuet

    Depuis plusieurs mois maintenant, j’ai lu les livres de Tom Thomas. Ils sont écrits dans un style extrêmement didactique, dans un langage clair et compréhensible, bien que les idées, la réflexion et les analyses soient d’un très haut niveau.
    Tous ceux qui se disent marxistes doivent lire ces livres. Ainsi que tous ceux qui souhaitent comprendre le monde dans lequel nous vivons pour le changer.

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